Accueil Gastenboek Voor endogirls Lettre à la gynécologue des urgences

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      Camille Pochet
      Participant

      Aujourd’hui, cela fait deux mois qu’une gynécologue aux urgences a posé le diagnostic d’endométriose. Un diagnostic que j’attendais tellement, qui m’a libérée après tant d’années de douleurs mais qui a pourtant été difficile à encaisser.
      Dans ce texte je souhaite m’adresser à elle. Madame la gynécologue des urgences, lorsque je vous ai demandé en pleurant si vos mots signifiaient que je n’étais pas folle, vous m’avez répondu que personne n’avait pensé cela. Ce jour-là, j’aurais aimé réussir à vous dire le nombre de fois que j’avais entendu ces mots avant notre rencontre : « Tu n’as pas l’impression d’exagérer, tu ne serais pas un peu somatique ? ». Pire, j’aurais aimé que vous sachiez le nombre de fois qu’après notre rencontre, malgré la présence de votre diagnostic sous leurs yeux, des spécialistes se croyant plus fiables avec un simple toucher vaginal qu’une échographie me diraient encore que je n’avais rien. Pour quelle raison ? A cause d’une seule IRM négative à l’endométriose… Pourtant, saviez-vous que dans 20 à 30% des cas, l’endométriose n’est pas visible à l’IRM ? C’est d’ailleurs une des raisons qui la rend si difficile a diagnostiquer. Comment expliquer qu’aujourd’hui je sois au courant de cela alors que des gens censés être spécialisés dans cette maladie semblent l’ignorer ? Ou peut-être préfèrent-ils ne pas nous considérer… Comment expliquer que sur base de cette seule IRM faite par un novice en matière d’endométriose, on ait encore pu me cracher au visage que je devais aller voir une psychologue ? Comment expliquer qu’ils aient réussi à briser une femme qui pensait pouvoir tout encaisser ?…
      Aujourd’hui, pierre après pierre, je tente de reconstruire mon estime de moi et ma conviction face au fait que personne ne connaît mon corps et ma souffrance comme moi je les connais. Pas à pas, je me bats et je relève la tête, en partie grâce à ce gynécologue qui plusieurs semaines après vous et après mon passage entre les mains de personnes antipathiques à su m’écouter et entendre ma souffrance. La souffrance d’une jeune femme qui était pleine de vie et pétillante et qui est aujourd’hui incapable de se promener plus d’une demi-heure avec sa famille, qui s’endort tous les soirs tellement tôt qu’elle n’a plus de vie en dehors de ses études car elle n’en a plus la force. Enfin et surtout, une jeune fille qui n’est plus capable de se regarder dans une glace, trop dégoûtée par son corps ballonné par la maladie et par la prise de poids liée à celle-ci et à cette foutue pilule, une jeune fille qui a l’impression de traîner un corps qu’elle déteste de la faire souffrir autant.
      Madame la gynécologue des urgences, il y a deux semaines à peine, ce gynécologue a mis un mot sur mes maux : « endométriose neurologique », dont j’ai apparemment TOUS les symptômes. L’endométriose neurologique, ce sont les nerfs situés sous les lésions qui ont tellement soufferts, qu’ils continuent à ressentir la douleur même lorsque les adhérences ne sont pas inflammées. Cela explique cette horrible douleur qui ne s’arrête plus et me ramène continuellement à l’existence d’une réalité difficile : l’existence de ma maladie, l’endométriose, une colocataire que je n’ai pas choisi mais dont je ne peux pas me débarrasser.
      Aujourd’hui, je voulais dire merci à cette gynécologue qui m’a écouté aux urgences et à cet autre gynécologue qui est le premier à ne pas m’avoir fait quitter son cabinet sans aucune solution à mes douleurs et à mon désespoir. Ce traitement est lourd, il m’épuise et joue sur mes humeurs mais j’ai l’espoir qu’il finisse par me permettre de me retrouver, avec la joie de vivre et l’énergie que j’avais avant.
      Oui, aujourd’hui, j’ai envie de choisir l’ESPOIR…

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