Accueil Gastenboek Voor endogirls Relations intimes

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    • #1523 Reply
      Cloe
      Participant

      Bonjour,

      J’hésite à écrire depuis un long moment, donc je me lance.. Pour commencer j’ai 20ans et je suis étudiante. J’ai été diagnostiqué il y a bientôt 1an (comme pas mal d’entre vous j’ai dû me battre, changer de médecin ect.. pour être entendu).

      Cela fait deux ans que je suis avec mon copain, il a décidé de rester même après le diagnostique. Pourtant la maladie atteint notre quotidien, comme lors des rapports (plus on avance dans le temps plus j’ai des douleurs) ou de mes émotions (que j’ai dû mal à contrôle lorsque je suis douloureuse et avec les nouvelles pilules c’est parfois compliqué).

      Depuis le diagnostique j’ai passé beaucoup d’étapes différentes, mais je suis bloquée depuis un long moment dans celle-ci : retrouver ma confiance. Je suis encore bloquée ici, en effet j’ai parfois l’impression que mon corps me lâche.. Ce manque de confiance se transfert aussi sur mon couple, je ne comprend pas pourquoi mon copain reste, il ne peut pas « s’épanouir sexuellement » car j’ai des douleurs et qu’il m’est impossible de tout faire. Aujourd’hui, je lui ai proposé, avec des conditions, qu’il aille -s’il en ressent l’envie et le besoin- voir d’autres filles pour des relations juste sur le plan sexuel.
      Niveau émotionnelle c’est pareil, je change d’humeur très souvent, parfois je m’énerve moi-même et j’ai vraiment du mal à garder mes émotions. Sachant que je sais que mon copain veut rester avec moi et lui à accepté la maladie mais c’est moi qui le pousse vers la sortie à cause de mon manque de confiance, pourtant des fois mes émotions sont tellement forte que je le pousse.

      J’aimerai savoir s’il y a d’autre personne qui ont expérimenté cela, et comment vous l’avez géré, si vous aussi vous étiez bloqué avec cette étape de confiance en soi et comment vous l’avez passé? Et si vous étiez en couple êtes-vous aussi passé par là aussi ?

      Merci d’avance,

      Bien à vous.

    • #1527 Reply
      UneSurDix
      Guest

      Bonjour Cloe,

      Je me suis pas mal reconnue dans ton post.
      Il n’y a pas de réponse toute faite à ta question, tout comme chacune de nous vit sa propre endométriose à sa façon.
      Mais ce que je peux faire c’est te dire que je comprends ton mal-être et que je peux partager un peu de mon histoire en espérant que cela puisse t’aider.

      Tout d’abord, le diagnostic est une des épreuves qui ébranle le couple, ne nous mentons pas.
      Mais si ce couple est solide, l’endométriose dans son ensemble (combat pour la faire reconnaître, diagnostic, traitement, désir de grossesse, etc), peut être surmontée à 2. Un couple, c’est partager la vie avec quelqu’un d’autre, emprunter une route ensemble qui ne sera pas tous les jours facile. L’endométriose met des obstacles sur ce chemin, mais ça ne veut pas dire qu’ils sont infranchissables pour le couple, difficile à gérer certes je te le concède.

      Pour revenir à l’intimité, qui est le fondement de ton questionnement, je vais refaire un petit parallèle avec l’endométriose et ses douleurs.
      On nous conditionne, nous les femmes, au fait qu’avoir ces règles peut parfois être douloureux, mais que ça fait partie du cycle normal des choses et que celles qui se plaignent le plus de ces douleurs sont juste des douillettes. Ce stéréotype a des conséquences désastreuses pour faire reconnaître l’endométriose auprès du corps médical et de la société.
      Un autre stéréotype, largement véhiculé par les médias et la société, c’est qu’un couple heureux doit « forcément » avoir une sexualité épanouie et des relations fréquentes. Pire, le sexe est parfois présenté comme un baume, un remède lorsque le couple est fragilisé (qui n’a jamais vu une scène de film où les deux protagonistes se disputent, avant d’avoir une relation sexuelle torride qui, oh miracle, efface le conflit sitôt consommée).
      Alors je dis non, une bonne fois pour toute à cette pression que la société nous met. Tout comme nous ne sommes pas prédestinées à souffrir du fait de notre sexe, nous ne sommes pas obligées au sein d’un couple d’avoir une libido démentielle ni même obligées d’avoir envie.

      Un couple ne se définit pas sur le plan sexuel.
      Un couple, c’est avant tout 2 personnes, qui partagent quelque chose. Mais on n’a jamais dit que ça devait être nécessairement du sexe!
      Un couple, dans le dictionnaire Larousse, ça donne ceci: « Deux personnes animées d’un même sentiment, d’une même volonté, ou que des intérêts, des affinités, des caractères rapprochent. »

      Je suis en couple depuis 15 ans avec mon compagnon, mon endométriose il l’a connue depuis le début même si elle n’a été enfin officialisée que très récemment.
      Et moi aussi, je me suis remise en question.
      J’ai remis mon couple en question!
      J’aime mon compagnon plus que tout au monde. Mais malgré tout, je me suis posée une question insensée: « Ai-je le droit de lui infliger tout « ça »? Toute cette souffrance, ces embûches sur le chemin? Ne serait-il pas plus heureux avec une autre? Une femme vierge de toute endométriose, qui pourrait lui offrir l’épanouissement sexuel et peut-être un paternité plus facile, alors que moi je ne le peux pas?
      Et j’ai fait l’erreur de lui proposer de lui rendre la liberté. Je me sentais coupable, je m’imputais son malheur à cause de la maladie. Je me voyais irritable, obnubilée par ce qu’il fallait mettre en place en terme de traitement, pliée en deux lors des douleurs quand je n’étais pas tout simplement inconsciente. Alors je lui ai dit que s’il le voulait, il pouvait partir, que je ne lui en voudrait pas, et qu’il n’avait pas à subir ma maladie. Autant te dire que je l’ai blessé. Que les mots que je prononçais n’étaient bien évidement pas ceux que je pensais. Mais je me suis sentie obligée de les dire.
      Et tu sais ce qu’il m’a répondu? « Je ne suis pas avec toi que pour le sexe. Ça me manque c’est vrai mais tu me donnes de l’amour de plein d’autres façons. Un simple câlin, un bisou, un bon repas, des éclats de rire, tu me donnes tout ça et plus encore; et je suis heureux avec ça. Je suis heureux avec toi. »
      J’ai compris à ce moment-là que j’avais eu gravement tord en doutant de la pérennité de mon couple et que je n’aurais jamais dû lui faire une telle proposition, aussi coupable que je pouvais me sentir. Je l’avais plus blessé par mes paroles que toute l’endométriose du monde.
      Depuis, je n’ai plus jamais parlé de séparation, de pause ou de quelque chose de ce style. A la place, nous avons parlé d’avenir, d’espoir et de rêves. De courage, d’appui mutuel et enfin simplement de nous deux.

      Ceci est mon histoire, elle m’est propre. En la racontant, je désire simplement redonner de la confiance à celle(s) qui pourrai(en)t s’y reconnaître.
      A toutes: osez croire en vous, et en votre partenaire.

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